Le neuvième mois en Ethiopie
Le neuvième mois en Ethiopie ...
Neuf mois passés très vite, trop vite, sûrement. Durant ces mois fous, nous avons été pris dans un tourbillon de personnes, et d'activités. Si nous faisons le bilan maintenant, il y a eu rupture de tout, du trop ; depuis peu, on a créé l'écart, on a envie de se reposer, de réfléchir, de faire le tri aussi, de sortir de cette tyranie du groupe. Avec l'isolement en prime, il faut bien le dire. Ce côté social de l'expatriation, notre moteur, en prend un coup forcément. C'est la dure réalité de la vie à l'étranger : s'adapter au groupe ou se retrouver complètement à l'écart. Ou presque. Là on voit les personnes qui se retrouvent en nous, et les autres, celles qui ne sont pas comme nous, les hyper actives, celles qu'on voudrait suivre mais on a finalement abandonné devant l'ampleur de la tâche, ou encore celles qui savent tout et qui font tout, devant qui on se sent particulièrement nulle ou inutile. Ici aussi il y en a, comme partout. On les regarde de loin, en se demandant pourquoi on se sent si mal quand même, car l'isolement n'est pas bénin, on cherche forcément une solution à l'amiable. Pas la peine, soit on reprend à vitesse grand V et on s'use dans les conversations stériles, les rencontres intentionnées et les achats intempestifs, soit on reste soi-même et on observe en silence, un peu désorienté et vexé tout de même. On nous oublie, forcément, de plus en plus, et les rares apparitions et rencontres ne font que creuser l'écart. Alors quoi, que faudrait-il faire ?
Côté activités, le même problème ; l'envie de bien faire, et d'en vouloir toujours plus, et le contre-coup, le temps qui file, les semaines qui courent, la fatigue qui s'installe et l'oisiveté constructive qu'on recherche mais qu'on ne parvient plus à trouver. Le juste milieu, je ne sais pas ce que c'est. Au Congo je m'ennuyais à mourir, ici si je voulais je ne verrais plus du tout le temps passer. Mais finalement, cette étape congolaise m'a permis de faire quelque chose de bien, de créer un site, de développer mon plaisir de la photographie, de me valoriser. Ici, rien, je suis vide. J'ai l'esprit vide aussi de ne rien faire de créatif.
Ces deux derniers mois je me suis essouflée : nous avons avons reçu de la famille, des amis. Ca use. La vie quotidienne est modulable, interchangeable en fonction des autres. Ca bouscule tout, ça change trop. On perd les repères, on court encore, on se décharge ... Nous sommes partis en voyage, en vacances. Je ne suis pas rentrée aussi reposée que je l'aurais espérée. Nous sommes beaucoup sortis d'Addis. Au dur retour à la réalité, la vie reprend son cours et on se remet à courir, juste pour gérer le quotidien. Embouteillages, médecin, courses, activités des enfants, et malgré ça la sensation de n'être qu'une coquille creuse, de ne rien faire de bien. J'ai la mauvaise impression d'être dans un mauvais film. L'été y changera sans doute quelque chose.
L'été justement, il approche à grands pas avec son lot de départs définitifs et de soirées de fin d'année. Nous, on reviendra. Il restera peu de personnes avec qui nous avons des affinités. D'autres arriveront bien sûr, mais la crainte de se retouver encore plus seuls à la rentrée commence à m'effrayer. L'envie de faire quelque chose revient de plus en plus. Mais avec l'éternelle question de savoir quoi. Je cherche toujours ! Une idée ?
Les coupures intempestives d'électricité commencent à peser au quotidien. Deux à trois coupures hedomadaires de 14 heures, c'est trop. Ca nous force à ralentir, et ça nous freine en même temps. On trépigne. Les enfants rouspètent, et nous aussi, par la même occasion. On espère vivement l'arrivée des prochaines pluies qui permettront de remplir enfin le barrage qui alimente la ville. On cherche aussi un groupe électrogène, mais les seuls qui restent sont bloqués aux douanes ! On fait des réserves en bougies et allumettes, et on observe l'augmentation des prix. Les racks des magasins se vident. Le coût de la vie reste raisonnable pour une famille de 5 personnes. Le cour de l'euro remonte.
Voilà le neuvième mois passé presque à la moitié, avec ses points noirs et ses espérances. Les grandes vacances seront bientôt là et on espère deux mois rafraîchissants, dépoussiérés, reposants. On y pense déjà !
Nathalie G.
10 mai 2009

Commentaires
Mathieu M le 11/05/2009 à 09:49:11Bonjour Nathalie,
Ce p'tit mot pour te dire que nous pensons beaucoup à vous! On sait, l'expatriation, c'est pas toujours facile... Alors courage!
Nous espérons vous voir cet été: à Mouguerre, St André ou Arancou! Au fait où en est votre projet? Xabi est en retard sur bcp de dossiers, c'est il occupé de vous?
Bisous à toute la famille!
Hortense C... le 10/05/2009 à 18:34:30
Salam aleikum !!!!!!!!!Eh bien ma belle , je ne savais pas c'etait aussi complique l'Ethiopie !!!!!!! c pas facile de tout recommencer mais tiens bon, nous avons fait un choix de vie qui a des avantages et des inconvenients, Courage.
Dommage que nous nous soyons loupes lors de votre passage aux Emirats, j'espere que vous avez passe de bons moments tout de meme; Bisous a toute la famille
Chantal D.. le 10/05/2009 à 14:26:36
Et bien ma pupuce ce n'est pas vraiment le beau fixe ! Il faut absolument te reprendre, tu as tout pour être heureuse, pense à ceux qui ces jours-ci sont dans une peine profonde, complètement déboussolés (je n'en dirai pas plus je pense que tu as compris), tu as un mari attentionné, des enfants en bonne santé, alors non, tu n'as pas le droit de baisser les bras ! D'un autre côté je te comprends, la vie d'expatriés n'est pas toujours sans causer un certain manque pour ne pas dire un manque certain. J'espère que les deux mois de congés en France vont vous faire beaucoup de bien à tous, tu vas les passer à reprendre des contacts avec vos amis métropolitains et surtout à peaufiner ce qui sera votre point d'attache, votre nid douillet "Arancou" ! Bisous, bisous, dis-toi que l'on pense souvent à vous... Courage, tu t'en sortiras !